prénom revenu chez bonne roman société fond travail nuit voiture vie
Rubriques
>> Toutes les rubriques <<
· Le labyrinthe de la honte (42)
· Les textes de Georges Griebaum (6)
· Dessins (7)
· Malemort du Comtat, dessins, photos (16)
· J'aime (13)
· Les romans de Denis Nerincx (14)
· Téléphone (17)
· Avec la mort pour unique compagne. (10)
· Une tombe dans la garrigue (Modifié) (9)
· Zooki (7)
c'est ma mère qui l'a dessiné et moi qui l'ai colorié
Par Séverine Sileig, le 20.10.2014
magnifique vraiment il n'y a pas d'autres mots
Par Maïté, le 20.10.2014
sublime poème d'amour
Par Maïté, le 20.10.2014
superbes paroles, superbe chanson
Par Maïté, le 20.10.2014
j'adore
Par Maïté, le 20.10.2014
· Héroïne, Cocaïne
· SALUT L'AUTISTE, de Georges Griebaum ©
· Chapitre quatre : Pédophile!
· Chapitre cinq : Commissaire Schuller, brigade des moeurs.
· Chapitre deux : Une demande incongrue
· Suicides (euthanasie)
· Missive
· 42. C'est la fin
· Héroïne Cocaïne
· 7. A quoi penses-tu quand tu regardes les filles?
· 41. Le drame
· Chapitre six : Suivi psychologique
· 8. La justice selon Martin Schuller
· 25. Kilian tourne mal
· Notre amour
Date de création : 05.06.2014
Dernière mise à jour :
07.11.2014
161 articles
Kilian tourne mal.
Kilian était en train de mal tourner mais personne ne s’intéressait assez à lui pour le remarquer ou s’en inquiéter. Les éducateurs de Coat Saliou n’avaient pas envie que cela s’apprenne car leur intérêt était que le jeune garçon quitte le centre au plus vite. D’une part il y avait trop de pensionnaires et pas assez de personnel ni de subsides, et d’autre part, la présence de ce pédophile ici leur causait par trop de désagréments. En effet, depuis son arrivée ce n’étaient que bagarres, racket, viols… Ces choses se produisaient bien déjà auparavant, mais jamais aussi fréquemment que depuis son arrivée.
Le jeune garçon avait fini par lier connaissance avec deux autres adolescents accusés de viol âgés respectivement seize et dix sept ans. Si le premier n’était qu’un désaxé et un malade était également une crapule d’envergure ! A dix sept ans il avait déjà fait un séjour en prison, et s’il était ici c’était tout simplement parce qu’il n’y avait de place nulle part, pas même en prison pour lui. Frank, c’était son nom, était sensé aller à l’école, il en prenait le chemin, obligé comme les autres de monter dans le minibus du Centre, mais séchait les cours. Sa principale occupation était de traîner dans les rues, agressant des personnes, âgées et fragiles de préférence, pour leur dérober leur portefeuille, n’hésitant pas à jeter une vieille dame à terre après l’avoir roué de coups, mettant le feu aux poubelles, volant des voitures et les incendiant ensuite…
C’était Frank qui avait pris en quelque sorte les deux autres violeurs sous son aile protectrice. Il leur dispensait sa protection, à condition qu’ils l’accompagnent dans ses exploits et lui dispensent généreusement leur admiration ! Cela n’avait pas été tellement difficile ! Kilian était tellement influençable et ne voyait pas d’autre solution pour échapper aux sévices que lui infligeaient quotidiennement ses condisciples ! Et puis c’était plutôt amusant de se délecter de la peur des victimes qui se voyaient brutalisées après avoir donné leur portefeuille en tremblant… Cela faisait tellement de bien d’infliger à d’autres les peurs que lui avait eues et surtout à des adultes, qui ordinairement infligeaient eux les peurs, les coups et les punitions. C’était amusant de voir flamber une poubelle ou une voiture, cela soulageait un peu.
En fait Kilian n’allait pas plus à l’école que lorsqu’il vivait chez ses parents, mais les enseignants et les éducateurs ne s’en préoccupaient pas ! Ils voyaient de temps en temps le jeune garçon, il avait comme il fallait s’y attendre de très médiocres résultats, il échouerait fatalement et se retrouverait l’an prochain en professionnelle comme ses pareils ! Ensuite, il continuerait à échouer, pour finir par quitter l’école définitivement soit à sa majorité, soit lorsque prendrait fin l’obligation scolaire… Ce gamin, et d’ailleurs tous les gamins qui fréquentaient ce collège, dont la plupart étaient issus du centre d’éducation surveillée était de toutes façons perdus pour la société ! Pour ne pas désespérer les parents en leur assénant trop vite la nouvelle, on noterait dans le bulletin que le conseil de classe préconisait l’enseignement professionnel, que l’adolescent s’épanouirait certainement par la pratique d’un métier manuel, qu’il était capable de réussir et de devenir un bon ouvrier ou un bon artisan. On le dirigerait vers un autre collège poubelle dans lequel avec un peu de chance il obtiendrait avec un peu de complaisance, son certificat d’enseignement secondaire inférieur avant sa majorité, et dont au pire il cesserait de fréquenter les cours lorsque prendrait fin l’obligation scolaire à temps plein. Ce garçon là n’irait jamais en contrat d’apprentissage, cela se voyait à sa manière de sécher les cours. Il n’avait aucun sens des responsabilités et s’il séchait les cours, il manquerait aussi des journées de travail, finirait par ne plus être accepté par aucun patron, même en tant qu’ouvrier au plus bas de la gamme et deviendrait chômeur professionnel. A moins que, ses mauvaises fréquentations n’aidant, il terminerait en prison pour l’un ou l’autre coup foireux ayant mal tourné.
Kilian, quant à lui, ne cherchait pas aussi loin ! Il se contentait de se laisser vivre au jour le jour, sans plus essayer de comprendre ce qui se passait ni de prévoir ce qui risquait de lui arriver.
Il n’éprouvait aucune haine lorsqu’il agressait une personne ou détruisait un objet. Il le faisait comme si cela s’inscrivait dans l’ordre logique des choses. On lui faisait mal, donc il faisait mal. On ne lui parlait pas, on refusait de l’écouter et d’ailleurs il aurait été bien incapable de mettre un nom ou d’expliquer à qui que ce soit les sensations ou les sentiments qui l’envahissaient. Il y avait tant de choses qui se bousculaient dans son esprit, tant de choses qu’il avait eu envie d’expliquer à la psychologue de son ancienne école. Il pensait à ce moment là que même s’il n’était pas capable de s’exprimer convenablement, même s’il était incapable de mettre un nom sur ses sentiments, même s’il avait des problèmes d’élocution ou d’expression, la psy était elle capable de le faire à sa place, de lui extirper ce qu’il voulait essayer de communiquer et de comprendre ! Pour lui, c’était cela le travail de la psy ! En plus, il était coopératif ! Il ne demandait qu’à parler ! Il ne se faisait pas prier pour le plaisir, il était réceptif ! Sa seule envie était qu’un adulte parvienne à l’aider ! Malheureusement la psy, au lieu de l’aider l’avait envoyé ici !
Kilian ne comprenait toujours pas pourquoi il était placé. Pourquoi il avait été arrêté, mis en cellule toute une nuit, puis envoyé devant une juge qui l’avait traité comme s’il avait été le pire des criminels !
Même ici, il avait voulu montrer sa bonne volonté et aurait été prêt à discuter avec l’assistante sociale ou avec la psy, mais aucun des deux n’avait manifesté un quelconque intérêt au jeune garçon.
Une fois le délégué judiciaire imposé par la juge était venu le voir. Il lui avait parlé de sa mère, des problèmes qu’il lui posait et lui en avait fait reproche avant d’entamer une longue conversation avec la psy et l’assistante sociale, pendant que lui attendait sur une chaise dehors.
Ensuite, le délégué était revenu vers lui en lui expliquant qu’il viendrait le chercher la semaine prochaine pour l’audience de cabinet et qu’un internat serait proposé comme alternative au centre d’éducation surveillé pour la prochaine rentrée scolaire, puis lui avait enjoint de se comporter convenablement au Centre comme devant le juge et était reparti, sans que Kilian n’ait pu ouvrir la bouche.
Le jeune garçon ne comprenait pas. Tous ces gens étaient sensés s’occuper de lui, pourtant, personne ne lui adressait réellement la parole : on lui parlait juste pour lui donner des ordres, lui expliquer ce qu’il devrait faire, mais personne ne l’écoutait jamais, ne cherchait à comprendre ce qu’il y avait au fond de lui. Alors puisqu’on ne l’entendait pas lorsqu’il essayait de s’exprimer en paroles, peut être comprendrait on ses actes ?
Malheureusement, même là le jeune garçon en avait été pour ses frais, car ses actes s’ils étaient bien parvenus aux oreilles des éducateurs, n’avaient en revanche jamais été transmis au directeur, à l’assistante sociale, à la psy, au délégué, à ses parents et encore moins au juge.
- On ne dira rien, mais il faut que tu arrêtes ! Lui avaient enjoint les éducateurs. Il faut comprendre que nous ne pouvons pas faire en sorte que tu restes placé ici ! Il n’y a pas assez de place et puis, surtout ce n’est pas un endroit pour toi ! Il faut que tu rentres chez toi ou que tu ailles dans ce fichu internat, mais tu ne dois absolument pas rester ici ! Alors arrête ces bêtises avant qu’elles n’arrivent à l’oreille d’autres personnes.
Ben oui c'est le boucémissaire de tout le mondeEcrire un commentaire