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Date de création : 05.06.2014
Dernière mise à jour : 07.11.2014
161 articles


8. La justice selon Martin Schuller

Publié le 03/10/2014 à 03:31 par severinegriebaum Tags : monde homme chez roman enfants société belle femme mort travail amitié fille animal bande voiture douceur horreur

 

La Justice selon Martin Schuller.

 

 

 

 

 

Le commissaire Martin Schuller était assis à son bureau, les pieds sur la table. Il faisait encore assez chaud en cette fin de mois de septembre. Il avait allumé le ventilateur, mais ce dernier ne brassait que de l’air chaud et humide.

 

Martin aimait la chaleur, mais dans les bureaux du commissariat où l’air ne circulait pas, il faisait vraiment trop chaud. Ce n’était pas comme durant ses dernières vacances en Espagne où d’ailleurs l’air était beaucoup plus sec que dans la région parisienne. Ici pas moyen de se mettre à l’aise ou de venir travailler en short. Yves, le patron n’était pas très exigeant au point de vue vestimentaire, mais il y avait tout de même des limites. En pensant à Yves, Martin ne put réprimer un mouvement de colère. Il vouait à Yves Le Scoharnec une haine sans limite. Yves lui avait volé la place de commissaire principal qu’il convoitait depuis des années. A cause de lui, sa carrière qu’il prévoyait si brillante se trouvait aujourd’hui dans une impasse. Depuis son entrée à la police, il ne vivait plus que pour cela. Devenir un jour commissaire divisionnaire. Il avait étudié, suivi des formations, s’était arrangé pour devenir commissaire très rapidement afin de ne plus devoir exécuter des interventions de routine ou dangereuses, ni partir en patrouille. Il s’était battu pour devenir le chef de la brigade des mœurs du commissariat de Kerwaremm, la capitale. Maintenant il ne se déplaçait plus que lorsqu’il n’y avait aucun danger, laissant les interventions à risque pour les autres, pour les petits flics qui venaient de débuter et qui apprenaient le métier. Ou pour les cow-boys comme Navenec et Kervinec… Navenec cela passait encore, mais Kervinec… un vrai déjanté ce type là ! Comment avait-il pu rester à la police avec toutes les casseroles qui le suivaient depuis toutes ces années, avec toute cette violence qu’il portait en lui et qui le rendait incontrôlable, parce que capable de péter un plomb sans la moindre raison apparente? Son amitié avec le commissaire Navenec, numéro deux du commissariat et ami personnel d’Yves Le Scoharnec probablement… Le frère aîné de Jean Marc Navenec et Yves avaient débuté à la police. Ils s’étaient liés d’amitié et tout naturellement le « petit frère » avait hérité d’une part de cette amitié. Martin haussa les épaules avec rage. Des pistonnés ! Tous des pistonnés qui ne devaient leur poste qu’à des élus ou à leur amitié avec Yves. Ce qui revenait à peu près au même, car Yves Le Scoharnec était lui-même un pistonné. Non seulement il était le beau-frère du maire d’une ville voisine, dont il avait épousé la sœur, mais il y avait autre chose. La bande d’Axel Kramer. Lesuicidede Tristan Cassanac. Toutes ces vieilles affaires que l’on ne pouvait ignorer lorsque l’on habitait Kerwaremm. Toutes ces vieilles affaires dont chacun, habitant ou flic, savait qu’il valait mieux ne pas en parler, ne pas fouiller trop profond dans la merde. Toutes ces vieilles affaires au sujet desquelles on savait à la fois beaucoup et peu de choses, mais qui revenaient fréquemment à la surface, et qui étaient tout aussi rapidement étouffées par le pouvoir politique. Par le pouvoir politique… ce qui équivalait à dire par le maire Jules Duclos-Rincent. Simple maire de Kerwaremm, la capitale de Nirgends, ce type, en place depuis plus de trente ans, semblait posséder plus de pouvoir que le Président en personne ! Récemment encore, le Parquet avait décidé de rouvrir le dossier concernant la mort de Tristan Cassanac, car il subsistait bien trop de zones d’ombres pour laisser croire à un simple suicide. Le Parquet avait décidé de rouvrir le dossier et pourtant il bloquait au niveau du commissariat. Yves ? Le maire, Duclos-Rincent ? Ou les deux peut-être ? Yves Le Scoharnec et Jules Duclos-Rincent se détestaient cordialement et pourtant, à y regarder de plus près, ils semblaient tous deux avoir les mêmes cadavres dans les mêmes placards.

 

Martin était un jeune flic au moment de la mort de Tristan Cassanac. Ils avaient le même âge. Il avait été à l’école primaire avec Tristan, mais n’avait jamais été admis dans leur « bande ». Issu d’une Cité de logements sociaux, mal fagoté et mal coiffé, élevé par une mère bigote, pauvre, même si son père commerçant aisé, vivait dans les beaux quartiers de Kerwaremm, doté en plus d’un défaut de prononciation, il était rejeté et parfois même le souffre douleur des gamins issus comme Tristan de lajeunesse doréedont la majorité d’entre eux finiraient élus, notables et/ou (car ce n’était pas incompatible, loin de là), membres de la bande d’Axel Kramer. C’est pour cela qu’il s’était acharné à étudier pour sortir de son milieu et prouver à tous ces fils à papa que lui aussi pouvait réussir, et que contrairement à eux, sa réussite il ne la devait qu’à son travail, à ses études, à son courage. Pour prouver également à tous ces petits ratés, paumés et fils de paumés de la Cité Kerfontaint où il avait passé son enfance, et qui le tourmentaient jadis tout autant, sinon plus que le tourmentaient les fils à papa de son école primaire. Sa mère avait cru bien faire en l’inscrivant dans une école catholique chère et réputée. Elle ne voulait que son bien en se privant pour lui offrir de bonnes études, sans s’imaginer que son fils ne serait jamais accepté dans un milieu auquel il était étranger. Pourtant le père de Martin était un commerçant très aisé, pour ne pas dire riche. C’était lui qui avait obtenu la garde de son fils (en se servant de ses « relations ») après le divorce de ses parents. Mais Martin n’était pas resté longtemps chez son père. Il avait vite fugué afin de fuir l’enfer que ce dernier lui faisait vivre au quotidien, coups, insultes, mépris, abus sexuels et mêmelocationde son fils à des élus et des notables…

 

Kerwaremm était un cercle très fermé. Tout se qui se passait à l’intérieur ne devait pas se voir au dehors. Jamais. Les nouveaux habitants ne se doutaient même pas de ce qui se passait ici dans les années ’80. Les années folles où tout était permis. Kerwaremm était une zone de non droit. Parmi les habitantsde souche, chacun savait mais tout le monde se taisait. De l’extérieur on devait voir un arrondissement idyllique respirant la douceur de vivre. De l’intérieur, tout était pourri de la cave au grenier, gangrené par la corruption et la pédophilie. Schuller haïssait les pédophiles. Lui qui avait réussi à s’en sortir sans « effet de reproduction », en étant un bon père attentif pour ses enfants, refusant toute violence ne pouvait pas accepter qu’un pervers invoqueune enfance malheureuse, des coups ou des sévices sexuels pour justifier ses actes.

 

Martin soupira et consulta le dernier dossier en date qui lui avait été attribué : le viol d’une petite fille de quatre ans, par son jeune voisin, un adolescent de treize ans ! Ce genre de délit était monnaie courante dans ce quartier défavorisé, la Cité Kerfontaint où il avait lui-même passé son enfance. Au cours de sa propre adolescence, combien de jeunes filles n’avaient pas été violées par leur père ou leur beau-père, voir leur grand-père, un voisin ou un ami de la famille sans que le coupable ne soit jamais dénoncé aux autorités par peur d’éventuelles représailles, ou par honte également, parce qu’à cette époque on ne parlait pas de ces choses là ? Dans les beaux quartiers, il y avait les réseaux, dans les quartiers paumés, on violait en famille, ou du moins souvent la famille laissait faire.

 

Martin avait les délinquants sexuels en horreur et celui là, Kilian Magouero commençait bien jeune. Treize ans ! Et sur une gamine de quatre ans avec un crayon ! Où avait-il été pêcher ce genre de pratique douteuse ?

 

Il avait eu envie de l’arrêter tout de suite mais il fallait faire les choses dans les règles et en respectant la procédure. La plainte avait été déposée, le gamin avait été auditionné une première fois, ainsi que ses parents et la perquisition de sa chambre n’avait rien donné, donc le magistrat chargé de l’affaire n’avait pas jugé utile d’ordonner que le gamin soit arrêté et envoyé dans un centre fermé, il ne l’estimait pas« dangereux »en raison de son jeune âge et de l’absence d’antécédents !

 

Pas dangereux !

 

Martin s’étonnait du laxisme dont faisaient quelquefois preuve le Parquet et la Justice principalement en matière de délinquance juvénile ! Ce n’était pas l’âge d’un délinquant ou d’un criminel, car pour lui, Kilian était bien un criminel puisque le viol était un crime qui se jugeait en Cour d’Assises, qui déterminait le fait que ce dernier soit dangereux. On avait déjà vu des assassins de onze ans et quelquefois même plus jeunes. Un gosse élevé dans cette Cité pourrie, au milieu des bandes de voyous ne pouvait que mal tourner. Il était inutile de se leurrer ce gamin avait déjà choisi sa voie. Ou plutôt sa voie était toute tracée dès sa naissance. Il était perdu pour la société. Il était déjà trop tard pour le sauver. Ce qu’il fallait faire maintenant c’était préserver la société de ses agissements en le faisant enfermer jusqu’à sa majorité.

 

Martin avait pris ses renseignements, d’abord au sujet de la famille. Ce n’était guère brillant. Le père était cardiaque et avait soixante-trois ans, c’était un mécanicien retraité. Il avait cinq autres enfants d’un précédent mariage… avec la mère de sa propre femme Vonnick ! Cette dernière n’avait que 31 ans, mais en paraissait facilement dix de plus. Elle était sans emploi depuis son mariage et ne paraissait pas en chercher !

 

« Le »couple de l’année !

 

Le père, François Magouero était en réalité l’ex mari de la mère de Vonnick. Autrement dit c’était l’ex-beau père de sa femme ! L’homme qui l’avait élevée comme son propre père ! Cette relation paraissait malsaine à Martin car elle fleurait vaguement l’inceste. Se mettre en ménage avec un homme de plus de 30 ans votre aîné qui vous a élevé comme si vous étiez sa fille. Là aussi il y a des limites ! Comment voulait-on que le gamin soit équilibré dans une famille pareille ?

 

Il y avait aussi la grand-mère qui en voulait à mort à sa fille de lui avoir«fauché »son mari, ainsi que les frères de la mère, que la grand-mère avait eus avec François et qui se trouvaient être à la fois les demi-frères de Vonnick et ceux des trois enfants que cette dernière avait eus avec François ! Ce qui faisait que les frères de Vonnick étaient devenus également ses beau-fils et que ses enfants étaient à la fois ses enfants et ses demi-frères et que ses frères étaient à la fois les oncles et les demi-frères de ses enfants à elle…

 

Quel méli-mélo !

 

Si François paraissait relativement équilibré, (ce qui ne l’empêchait pas d’avoir sûrement un gros problème, pour coucher avec sa belle-fille qui avait l’âge d’être sa fille !) Vonnick, la mère en revanche semblait complètement déjantée ! Elle ne parlait pas, elle hurlait, elle glapissait, elle couinait ! Cela devait donner une infernale cacophonie là-dedans !

 

Martin termina de relire son dossier et les différents rapports. Il tomba sur celui qu’il avait reçu du proviseur du Collège du gamin : là non plus ce n’était guère brillant et ne témoignait pas en faveur du jeune garçon ! Il séchait régulièrement les cours malgré le fait que son père venait le déposer le matin en voiture afin d’être sûr qu’il aille à l’école à défaut de réussir sa scolarité. Seulement le gamin faisait semblant de rentrer dans l’établissement et s’échappait par un autre côté ! Le proviseur avait déjà convoqué les parents à ce sujet mais ils avaient avoué leur impuissance à se faire obéir de leur fils en expliquant notamment que celui-ci s’échappait de la même manière de sa chambre pour aller retrouver des copains peu recommandables, qu’il avait plusieurs fois été pris à voler dans la grande surface, et qu’il ne prenait même pas la peine de cacher ce qu’il avait volé ! Il sortait carrément du magasin par la sortie sans achats devant le nez du vigile avec ses marchandises volées. La mère se déclarait heureuse que ces petits problèmes n’aient jamais eu de suite car elle connaissait le vigile en question et il se contentait chaque fois d’appréhender le garçon et de lui reprendre sa marchandise encore emballée !

 

Martin mâchonnait un crayon qu’il cassa malencontreusement. Ce gamin avait manifestement un sérieux problème d’équilibre et psychologique. Il frôlait la cleptomanie et la psychopathie. Ce qui était normal lorsqu’on était issu d’un tel milieu. Il n’avait autour de lui aucun exemple digne d’être suivi. Sa place aurait été dans un centre d’éducation surveillée et non dans une telle ambiance familiale d’autant plus que ses parents n’étaient même pas capables de l’assumer ou de le surveiller…

 

Le problème était le fait que l’on ne place pas un enfant comme ça. Il fallait de sérieuses raisons puisque même après qu’il était suspecté d’avoir commis un viol, le procureur n’avait pas jugé utile de transmettre son dossier à un juge et l’avait laissé en liberté ! Ce que Martin trouvait proprement scandaleux.

 

Néanmoins, sa brigade était chargée de l’enquête et si le magistrat n’avait pas ordonné le placement cette fois ci, il changerait certainement d’avis après avoir reçu son prochain rapport d’enquête où seraient mentionnés les curieuses et inhabituelles conditions familiales dans lequel vivait le jeune garçon, le laxisme et l’impuissance des parents à maintenir leur rejeton dans le droit chemin, le fait qu’il sèche les cours fréquemment, ses résultats complètement nuls à l’école. De même que ses vols répétés dans la grande surface et le désordre indescriptible de l’appartement de ses parents dans lequel il était élevé tel un jeune animal avec ses jeunes frères et sœur. Avec un peu de chance, le procureur et le juge comprendraient qu’il fallait faire quelque chose pour les deux autres enfants également et les sortirait de ce milieu, de ce quartier pourri en les plaçant en institution…

 

 

 

 

 

Commentaires (2)

Kevin le 20/10/2014
Encore un salaud


Maïté le 20/10/2014
C'est un grand malade lui


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