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Date de création : 05.06.2014
Dernière mise à jour : 07.11.2014
161 articles


37. La colère de Vonnick

Publié le 15/10/2014 à 02:09 par severinegriebaum Tags : bande moi monde chez bonne roman enfants société travail mode histoire soi

 

La colère de Vonnick.

 

 

 

 

 

Le bulletin suivant était nettement moins bon, alors que celui de Justin restait toujours constant : sans figurer parmi les premiers de classe, car il n’en voyait pas l’utilité, Justin obtenait toujours une moyenne des plus honorables, et cela sans se tuer au travail. Il avait expliqué à Kilian qu’il écoutait les explications du prof en classe, que le soir il relisait ses notes de la journée avant de faire ses devoirs et ses leçons. De même que la veille du cours, il relisait une nouvelle fois ses notes, ainsi, lors de l’examen, Justin avait nettement moins de travail à fournir pour emmagasiner un cours qu’il connaissait déjà bien!

 

Mais malheureusement, cette manière d’agir demandait une discipline personnelle que Kilian ne possédait pas ! Il était en admiration devant Justin qui faisait ses devoirs et leçons à peine rentré de l’école, sans que ses parents n’aient à lui hurler dessus pendant deux heures, et qu’en plus de cela il en faisait plus que ce qu’on lui demandait !

 

Mais le problème de Kilian ne se situait pas vraiment au niveau de l’écoute. Kilian, s’il excellait dans les matières comme la mécanique et autres cours pratiques, était en revanche absolument nul en Français, en math et dans tous les autres cours généraux ! En réalité, Kilian ne savait pratiquement ni lire ni écrire, et encore moins calculer ! Le jeune garçon parvenait juste à déchiffrer, et encore ! Lorsqu’il était avec Justin, il s’arrangeait toujours pour lui demander à lui de lire le mode d’emploi de tel ou tel jeu ou de tel ou tel appareil!

 

C’était la raison pour laquelle le jeune garçon avait été envoyé dans l’enseignement spécial dès le CM1 : la directrice de l’école primaire qu’il fréquentait alors s’était alarmée en constatant, qu’à dix ans, après avoir redoublé le CP et être en passe de redoubler son CM1, l’enfant ne savait toujours pas lire ni écrire.

 

L’enseignement spécial n’avait pas servi à grand chose, si ce n’est à démontrer que la directrice et les enseignants avaient raison : Kilian ne savait ni lire, ni écrire, ni calculer…

 

Pendant quelques années, il avait été scolarisé dans cette école où les élèves étaient répartis par groupe, selon leurs forces et leurs faiblesses, et non plus par classes. Il avait été suivi par une psychologue, une assistante sociale, une orthophoniste, etc., mais n’ayant pas l’envie d’apprendre et ayant déjà des mauvaises fréquentations, cela n’avait servi strictement à rien ! D’autant plus que cette école regorgeait de mauvais exemples : tous les enfants à problèmes de la Cité, tous ceux dont les parents ne s’occupaient pas, tous ceux que leurs parents jetaient le matin à la rue avec un quignon de pain et l’ordre de trouver un copain chez qui manger car le frigo était vide, et de ne pas revenir avant au moins dix neuf heures, car le père était de mauvaise humeur, étaient immanquablement envoyés dans cette école poubelle, qui les marginalisait encore plus en les traitant comme des attardés, des rebuts de la société, alors qu’il s’agissait au départ d’enfants normalement intelligents, aussi capables que les autres, mais ayant «décroché » par manque d’affection, de fermeté, de discipline, ou simplement par paresse…

 

La presque totalité de ces enfants avait rapidement mal tourné ! A peine en âge de fin d’école primaire, la majorité d’entre eux étaient déjà confrontés à la police, ou au juge de la jeunesse pour vol, dégradations et autres… Ils fumaient, à peine âgés de dix ans. Résultat : la bande formée dans le quartier, s’était reformée à l’école, à l’école que désertaient très rapidement les enfants ayant de réels problèmes et dont l’état nécessitait la scolarisation dans un établissement d’enseignement spécial, mais enfants de parents «normaux » !

 

A treize ans, Kilian avait reçu le feu vert pour entrer en sixième, mais à peine la rentrée des classes fut elle terminée, que le cauchemar lui tombait dessus en la personne du commissaire Schuller qui venait l’arrêter!

 

D’accord, il n’avait pas fait grand chose d’autre que sécher les cours pendant ce mois d’école, mais qu’avait il fait d’autre au centre, où il avait du tant bien que mal poursuivre sa 6ème dans un collège poubelle ? Première accueil qu’il avait ratée, tant à cause du traumatisme subi dans ce centre, qu’à cause de ses sérieuses lacunes dans les branches principales!

 

Ensuite, on l’avait fait passer en professionnelle, sans qu’il n’en sache plus que lorsqu’il avait terminé et échoué sa 6ème, et maintenant, on lui reprochait de n’être pas au niveau de Justin !

 

Et encore, il avait fourni un effort surhumain pour obtenir de bons résultats au premier bulletin, mais au lieu de le féliciter ses parents n’avaient rien trouvé de mieux à faire que de le comparer à son meilleur ami en affirmant qu’il ne lui arrivait pas à la cheville !

 

Aussi pour le second trimestre avait il baissé les bras, totalement découragé par ses parents d’une part et par les problèmes insurmontables qu’il rencontrait d’autre part. Seul Justin essayait de lui faire prendre confiance en lui et l’encourageait, mais Kilian ne voulait pas de ses encouragements ! Comment Justin pouvait-il en étant lui même bon élève en générale, encourager et respecter un garçon de son âge qui incapable de lire, d’écrire ou de calculer, avait été relégué en professionnelle ? Aussi Kilian se dépréciait-il de plus en plus ! Si encore sa mère avait accepté de le faire revenir à la maison et de lui faire confiance tant sur le plan scolaire que sur le plan de la délinquance ! Mais non ! Elle lui refusait cette confiance dont il ressentait de plus en plus le besoin ! Alors à quoi bon ? A quoi bon les discours qu’elle tenait à la juge pour faire bonne figure, pour tenter de le faire passer pour un garçon ayant compris la leçon, alors qu’elle n’y croyait pas elle même, ou qu’elle ne voulait pas y croire… A quoi bon étudier et obtenir de bons résultats si c’était pour être indéfiniment comparé à son désavantage à un garçon qu’il n’égalerait jamais ! Justin ne serait pas mécanicien lui, il ne se salirait certainement pas les mains à cela ! Justin rêvait de devenir policier, mais Justin ne serait certainement pas un simple flic, Justin deviendrait certainement commissaire ! Et lui, Kilian Magouero, serait l’éternel second, un petit mécano pouilleux et minable, ex délinquant et peut être futur, qui sait ? De toutes manières une fréquentation indigne de Justin ! Un ami d’enfance qu’il rayerait probablement très vite de ses fréquentations et de ses souvenirs.

 

Mais si le second trimestre avait été lamentable, le troisième fut carrément épouvantable ! Pas un point au dessus de 9 ! Et encore, le 9, c’était en mécanique, sa branche préférée ! Quant au 4ème et aux examens, mieux valait encore ne pas en parler ! Kilian n’avait inscrit aucune réponse sur ses feuilles d’examen, résultat : il redoublait une fois de plus son année et se retrouverait l’année prochaine à quinze ans en sixième, alors que son ami lui passait allègrement en seconde, sans le moindre petit examen de passage !

 

Vonnick était folle de rage.

 

- Et tu espérais que je te fasse confiance ? Tu t’imaginais que j’allais te laisser revenir à la maison et aller à l’école de Justin ? Non mais tu rêves tout éveillé mon grand ! Tu n’as pas fait le moindre effort, tu as échoué une fois de plus, tu resteras à l’internat jusqu’à tes dix-huit ans ! Tu ne fais pas d’effort, moi non plus, je regrette ! D’ailleurs tu ne resteras pas à la maison pendant les vacances, tu retourneras à l’internat qui organise des activités pendant les congés ! Tu n’avais qu’à étudier !

 

Kilian était consterné ! Étudier ! Elle en avait de bonnes sa mère ! Comment étudier en ne comprenant même pas ce qu’il était écrit sur la feuille que l’on avait devant soi ? Comment réussir un examen de math en étant encore au stade où l’on comptait sur les doigts et en ne connaissant pas ses tables de multiplication ? Bien sûr, il était responsable en partie car il avait baissé les bras, découragé par les constantes comparaisons avec Justin que faisait sa mère, mais il n’allait pas le lui avouer, de toutes manières elle n’y croirait pas, ou plutôt ne voudrait pas y croire et deviendrait encore plus hystérique par peur que Kilian n’explique cela à son avocate, au délégué judiciaire chargé de le surveiller ou pire, à la juge elle même ! Alors il avait préféré inventer une histoire pour sa mère et pour tout le monde : il avait raconté qu’il avait raté son année en exprès parce qu’il avait peur du prof de mécanique qu’il aurait eu s’il était passé ! C’était un prof terrible, qui détestait Kilian et qui n’hésitait pas à lever la main sur les élèves, et le jeune garçon prétendit n’avoir aucune envie de se retrouver dans sa classe. C’était mieux, cela passait mieux aussi que s’il avait expliqué le début de jalousie qu’il ressentait envers son meilleur ami par la faute de sa mère, ou que, faute de moyens et de personnel, l’étude dirigée prévue à l’internat n’existait pas plus que les séances chez la psychologue, l'orthophoniste ou l’assistante sociale…

 

 

 

 

 

Commentaires (1)

Maïté le 20/10/2014
Pauvre Kilian


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